Information importante
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne remplace en aucun cas l’avis de votre cardiologue ou les recommandations du fabricant de votre dispositif cardiaque implanté. En cas de doute ou de symptôme, consultez immédiatement un professionnel de santé.
Vous êtes porteur d’un pacemaker ou d’un défibrillateur automatique implantable et vous vous interrogez sur les risques liés à l’utilisation quotidienne de votre smartphone ? Cette inquiétude est légitime. Les ondes électromagnétiques émises par les téléphones portables peuvent théoriquement interférer avec le fonctionnement de votre dispositif cardiaque. Pourtant, les études scientifiques les plus récentes apportent des conclusions rassurantes : le risque d’interférence réelle reste extrêmement rare, à condition de respecter quelques précautions simples et validées. Ce guide fait le point sur les données actuelles, les recommandations officielles et les gestes pratiques pour continuer à utiliser votre téléphone en toute sérénité.
Au sommaire
- Smartphones et dispositifs cardiaques : un risque réel mais maîtrisable
- Comment les ondes électromagnétiques peuvent-elles interférer avec un pacemaker ou un DAI ?
- Ce que disent les études scientifiques récentes
- Les recommandations officielles : quelle distance respecter ?
- Le DAS de votre smartphone : un indicateur à connaître
- 6 gestes simples pour utiliser votre téléphone en toute sécurité
- Questions fréquentes
Smartphones et dispositifs cardiaques : un risque réel mais maîtrisable
En France, près de 880000 personnes vivent avec un dispositif cardiaque électronique implanté : 800 000 porteurs de stimulateurs cardiaques (pacemakers) et 80 000 porteurs de défibrillateurs automatiques implantables (DAI), comme le souligne France Assos Santé dans son bilan sur les porteurs de dispositifs publié en 2023. Pour cette population, la question des interférences électromagnétiques (EMI) avec les smartphones n’est pas anecdotique : elle touche à la sécurité vitale.
Les ondes des smartphones représentent-elles un danger pour votre pacemaker ?
Oui, les ondes des smartphones peuvent théoriquement perturber les pacemakers et DAI, mais les cas réels d’interférences restent très rares selon les études récentes. Le respect d’une distance de sécurité de 15 à 20 cm entre le téléphone et le dispositif implanté suffit généralement à prévenir tout risque. Sur 4824 tests menés avec des smartphones 5G sur 489 porteurs de pacemakers, aucune interférence sur le fonctionnement vital du dispositif n’a été détectée.
Ces chiffres rassurants ne doivent pas faire oublier la vigilance nécessaire. Les pacemakers et DAI sont des appareils sensibles qui détectent les signaux électriques du cœur pour réguler le rythme cardiaque ou délivrer un choc électrique en cas d’anomalie. Les ondes radiofréquences émises par les téléphones portables peuvent, dans de rares circonstances, être interprétées à tort comme des signaux cardiaques. Depuis les années 1990, les recommandations officielles invitent les porteurs de dispositifs à maintenir une certaine distance entre leur smartphone et leur thorax. Ces précautions, initialement très strictes, ont été progressivement assouplies grâce aux avancées technologiques : les nouveaux pacemakers bénéficient de blindages renforcés, tandis que les smartphones modernes émettent des ondes mieux contrôlées. Face à ces solutions de protection variées, certains porteurs de dispositifs envisagent également des dispositifs complémentaires, comme une protection anti-ondes pour téléphone, qui peut constituer une couche de précaution supplémentaire pour les personnes particulièrement exposées ou anxieuses.
Comment les ondes électromagnétiques peuvent-elles interférer avec un pacemaker ou un DAI ?
Pour comprendre pourquoi votre smartphone peut poser problème, il est utile de revenir au fonctionnement de votre dispositif cardiaque. Un pacemaker est un petit boîtier implanté sous la peau, généralement au niveau de la clavicule gauche, relié au cœur par une ou plusieurs électrodes. Son rôle : surveiller en permanence le rythme cardiaque et envoyer de légères impulsions électriques lorsque le cœur bat trop lentement. Un DAI fonctionne de manière similaire, mais il est également capable de délivrer un choc électrique plus puissant pour corriger une arythmie potentiellement mortelle.

Le fonctionnement d’un stimulateur cardiaque
Le pacemaker analyse en continu l’activité électrique naturelle du cœur. Lorsqu’il détecte un rythme normal, il reste en veille. Si le cœur ralentit ou s’arrête, il prend le relais en envoyant une impulsion électrique. Le problème survient lorsque des ondes électromagnétiques externes traversent le thorax : le dispositif peut les confondre avec l’activité cardiaque naturelle. Face à cette fausse information, un pacemaker peut inhiber temporairement sa stimulation, pensant à tort que le cœur bat normalement. Chez un patient dépendant du stimulateur, cette inhibition peut provoquer un malaise ou une syncope. Dans le cas d’un DAI, l’appareil peut interpréter ces interférences comme une arythmie ventriculaire dangereuse et déclencher un choc électrique inapproprié, particulièrement douloureux et anxiogène pour le patient.
Les sources d’interférences électromagnétiques au quotidien
Les smartphones ne sont pas les seules sources d’ondes électromagnétiques susceptibles de perturber un dispositif cardiaque. Les porteurs doivent également se méfier des portiques antivol dans les commerces, des plaques à induction, de certains outils électriques professionnels, et bien sûr des examens d’imagerie par résonance magnétique (IRM), contre-indiqués pour certains modèles de pacemakers anciens. Les téléphones portables se distinguent par leur usage quotidien et leur proximité fréquente du thorax : poche de chemise, appel tenu contre l’oreille gauche, smartphone posé sur la poitrine pendant une sieste. Ce sont ces situations de contact prolongé ou de très faible distance qui concentrent l’essentiel des recommandations médicales.
Ce que disent les études scientifiques récentes
Depuis les premières alertes des années 1990, les données scientifiques ont considérablement évolué. Les études initiales, réalisées avec des téléphones portables de première et deuxième génération, montraient des risques d’interférences plus marqués. Les pacemakers de l’époque, moins blindés, étaient également plus vulnérables. Trente ans plus tard, les conclusions sont nettement plus rassurantes.
L’étude de référence sur 489 porteurs de dispositifs
L’étude clinique la plus récente et la plus complète sur ce sujet a été publiée en octobre 2022 dans l’European Heart Journal, revue de référence de la Société Européenne de Cardiologie. Cette étude, baptisée EMS-PPM, a testé des smartphones compatibles 5G sur 489 porteurs de pacemakers issus de trois fabricants différents. Au total, 4824 tests ont été réalisés dans des conditions réelles d’utilisation : appels entrants, appels sortants, navigation internet, smartphone placé à différentes distances du dispositif.
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Aucune interférence électromagnétique détectée sur le fonctionnement vital des pacemakers lors des 4824 tests avec smartphones 5G
Comme une étude publiée dans l’European Heart Journal établit que le risque d’interférence entre smartphones modernes avec réseaux 5G et pacemakers est négligeable. Aucun cas de dysfonctionnement du stimulateur cardiaque n’a été observé. En revanche, l’étude a détecté une interférence sur la télémétrie d’interrogation chez 11,5 % des patients, principalement lors d’appels entrants. Cette interférence télémétrique n’affecte pas le fonctionnement vital du pacemaker, mais peut perturber temporairement la transmission de données entre le dispositif et le boîtier d’interrogation utilisé par les médecins lors des consultations de suivi.
Évolution des recommandations depuis les années 1990
Les premières circulaires ministérielles des années 1990 en France interdisaient strictement l’utilisation des téléphones portables dans les hôpitaux et recommandaient aux porteurs de pacemakers d’éviter tout contact avec ces appareils. Une étude du CEDIT (Comité d’Évaluation et de Diffusion des Innovations Technologiques) avait alors démontré que les interférences devenaient quasi nulles au-delà de 1,5 mètre de distance. Ces données, bien que datées, ont servi de base aux recommandations actuelles, progressivement assouplies. Depuis les années 2000, l’amélioration des pacemakers (filtres feed-through renforcés, boîtiers hermétiques) combinée aux évolutions des réseaux 4G puis 5G a significativement réduit les effets indésirables. Les fabricants de dispositifs cardiaques testent désormais systématiquement leurs produits face aux ondes électromagnétiques avant leur mise sur le marché.
Les recommandations officielles : quelle distance respecter ?
Les autorités sanitaires françaises et européennes maintiennent des recommandations de précaution, même si les risques sont désormais mieux maîtrisés. La distance de sécurité minimale couramment recommandée reste fixée entre 15-20 centimètres entre le smartphone et le dispositif cardiaque implanté. Cette distance permet de réduire considérablement l’intensité des ondes électromagnétiques atteignant le pacemaker ou le DAI. En pratique, cela signifie éviter de plaquer le téléphone contre le thorax lors d’un appel, ne pas le ranger dans la poche intérieure de veste ou de chemise directement au-dessus du dispositif, et privilégier l’utilisation d’une oreillette ou du haut-parleur.
Attention : situations à éviter absolument
Certaines situations augmentent significativement le risque d’interférences et doivent être évitées par les porteurs de dispositifs cardiaques :
- Ranger le smartphone dans la poche intérieure de veste ou de chemise, directement au-dessus du dispositif implanté
- Tenir le téléphone contre la poitrine pendant un appel prolongé (privilégier kit mains-libres ou oreillette)
- Dormir avec le smartphone sous l’oreiller ou directement sur la table de nuit à moins de 20 cm du thorax
- Utiliser le smartphone lors d’examens médicaux ou réglages du dispositif sans en informer le personnel soignant
En cas de malaise, palpitations ou sensation inhabituelle lors de l’utilisation du smartphone, éloignez immédiatement l’appareil et consultez rapidement votre cardiologue.
Au-delà des précautions spécifiques au smartphone, vous pouvez également limiter l’exposition aux ondes dans votre environnement domestique en agissant sur d’autres sources : WiFi, téléphones DECT, objets connectés. Cette approche globale contribue à réduire le bruit électromagnétique ambiant, même si les dispositifs cardiaques modernes sont conçus pour résister à ces expositions courantes.
Le DAS de votre smartphone : un indicateur à connaître
Le DAS, ou Débit d’Absorption Spécifique, mesure la quantité d’énergie électromagnétique absorbée par le corps humain lorsqu’on utilise un téléphone portable. Il s’exprime en watts par kilogramme (W/kg). En Europe, la réglementation impose une limite stricte : le DAS ne doit pas dépasser 2 W/kg pour la tête et le tronc (mesuré à 5 mm du corps), et 4 W/kg pour les membres (mesuré au contact). Comme le rapport de contrôle 2024 de l’ANFR confirme que ces normes sont toujours en vigueur et activement surveillées : sur 86 équipements testés en 2024, environ 10 % des modèles vérifiés ont dépassé la limite réglementaire et ont été retirés du marché.
Qu’est-ce que le DAS et comment le vérifier ?
Le DAS ne mesure pas spécifiquement le risque d’interférence avec un pacemaker, mais il donne une indication sur le niveau d’exposition générale aux ondes électromagnétiques. Pour un porteur de dispositif cardiaque soucieux de minimiser toute exposition, choisir un smartphone à faible DAS représente une précaution supplémentaire cohérente. Les fabricants sont légalement tenus d’indiquer le DAS de leurs appareils. Vous pouvez le vérifier directement dans les réglages de votre téléphone (généralement dans Paramètres > À propos > Informations réglementaires), sur le site internet du constructeur, ou via la base de données publique de l’ANFR accessible sur data.anfr.fr.

Faut-il privilégier un smartphone à faible DAS ?
Les experts recommandent de privilégier les modèles affichant un DAS inférieur à 0,7 W/kg si vous cherchez à minimiser votre exposition globale. Certains fabricants proposent des appareils avec des valeurs particulièrement basses, parfois inférieures à 0,5 W/kg. Toutefois, un DAS faible ne garantit pas l’absence totale de risque d’interférence avec un pacemaker : ce sont avant tout la distance et la durée d’exposition qui comptent. Un smartphone avec un DAS de 0,4 W/kg placé directement contre le thorax pendant une heure présentera un risque plus élevé qu’un appareil à 1,2 W/kg utilisé à 30 cm de distance avec une oreillette. Le DAS reste néanmoins un critère de choix pertinent lors de l’achat d’un nouveau téléphone, à combiner avec les autres précautions d’usage.
6 gestes simples pour utiliser votre téléphone en toute sécurité
Les recommandations officielles et les données scientifiques convergent vers un constat rassurant : il est tout à fait possible de continuer à utiliser un smartphone au quotidien lorsqu’on est porteur d’un pacemaker ou d’un DAI, à condition de respecter quelques règles de bon sens. Ces gestes préventifs sont simples, applicables immédiatement, et ne nécessitent aucun investissement particulier. Ils reposent sur trois principes : maintenir une distance suffisante, limiter la durée d’exposition directe, et privilégier les dispositifs mains-libres pour les appels.
Votre plan d’action immédiat
- Respecter la distance de 15 à 20 cm entre le smartphone et votre dispositif cardiaque, particulièrement lors des appels
- Ne jamais ranger votre téléphone dans la poche poitrine : privilégier la poche de pantalon, le sac à main ou la poche arrière
- Utiliser systématiquement un kit mains-libres (oreillette filaire ou Bluetooth) pour maintenir le smartphone à distance tout en téléphonant confortablement
- Vérifier le DAS de votre smartphone avant achat et privilégier les modèles affichant un DAS inférieur à 0,7 W/kg
- Informer systématiquement votre cardiologue de vos habitudes d’utilisation du smartphone lors des consultations de suivi pour recevoir des conseils personnalisés
- Envisager des solutions de protection complémentaires si vous êtes particulièrement exposé ou anxieux face aux ondes électromagnétiques
Ces précautions de base suffisent dans l’immense majorité des cas. Elles permettent de concilier sécurité et maintien des liens sociaux, particulièrement précieux pour les personnes âgées ou isolées. Pour aller plus loin, découvrez nos habitudes anti-radiations mobiles applicables au quotidien par tous, porteurs de dispositifs cardiaques ou non. Ces recommandations complémentaires couvrent également l’usage du WiFi, des objets connectés et des autres sources d’exposition domestiques.
Questions fréquentes
Vos questions les plus fréquentes
Puis-je prêter mon smartphone à une personne portant un pacemaker ?
Oui, à condition que la personne respecte la distance de sécurité de 15 à 20 cm et n’approche pas le téléphone de son thorax. Un usage ponctuel et vigilant ne pose généralement pas de problème. Conseillez-lui d’utiliser le haut-parleur ou une oreillette si elle doit passer un appel.
Que faire si je ressens un malaise en utilisant mon téléphone ?
Éloignez immédiatement le smartphone de votre poitrine et éteignez-le si possible. Si les symptômes persistent (palpitations, vertiges, douleur thoracique), contactez votre cardiologue en urgence ou appelez le 15. Il peut s’agir d’une interférence, mais aussi d’un autre problème cardiaque à ne pas négliger. Notez les circonstances précises (durée d’utilisation, distance, type d’activité sur le téléphone) pour en informer votre médecin.
Mon ancien pacemaker est-il plus sensible que les nouveaux modèles ?
Oui, potentiellement. Les dispositifs cardiaques de dernière génération bénéficient de blindages améliorés contre les interférences électromagnétiques, notamment grâce aux filtres feed-through renforcés. Si votre pacemaker a plus de 10 ans, consultez votre cardiologue pour évaluer si un remplacement ou des précautions renforcées sont nécessaires. Les fabricants communiquent généralement des recommandations spécifiques selon les générations de dispositifs.
La 5G est-elle plus dangereuse pour mon dispositif cardiaque que la 4G ?
Les études disponibles en 2026, notamment l’étude EMS-PPM publiée en 2022 sur 489 porteurs, n’ont pas montré de risque spécifiquement accru avec la 5G par rapport aux générations précédentes (3G, 4G), à condition de respecter les mêmes distances de sécurité. Les recommandations restent identiques quelle que soit la génération de réseau. Les pacemakers modernes sont testés face aux technologies 5G avant leur commercialisation.
Dois-je éviter les oreillettes Bluetooth à cause des ondes supplémentaires ?
Non, au contraire. Les oreillettes Bluetooth émettent des ondes de très faible puissance (bien inférieure à celle d’un smartphone) et permettent surtout de maintenir le téléphone éloigné de votre thorax. Le bénéfice en termes de distance compense largement le faible ajout d’exposition Bluetooth. Les oreillettes filaires restent une alternative si vous souhaitez éviter toute source supplémentaire d’ondes.
Ce qu’il faut retenir
- Les études récentes confirment que le risque d’interférence entre smartphones 5G et pacemakers modernes est négligeable (0 cas sur 4824 tests en 2022)
- La distance de sécurité recommandée reste fixée entre 15 et 20 cm, particulièrement lors des appels
- Les gestes simples (kit mains-libres, ne pas ranger dans la poche poitrine, vérifier le DAS) suffisent à prévenir tout risque pour l’immense majorité des porteurs
- En cas de symptôme inhabituel lors de l’utilisation du smartphone, consultez immédiatement votre cardiologue pour un avis personnalisé
